Guide pratique

Se présenter en entretien d'embauche, la méthode et trois exemples pour débuter

« Présentez-vous » ouvre presque chaque entretien, et c'est la question qu'on prépare le moins. Une structure simple en trois temps, ce qu'il faut laisser de côté, et trois présentations complètes pour un stage, une alternance ou un premier emploi.

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Illustration plate de trois pierres de gué vertes reliées par une ligne jaune citron qui mène à une chaise posée dans un cercle de lumière, à côté d'une petite table ronde.
Sommaire

Ce que ta présentation doit faire, et ce qu'elle ne fera pas

Commençons par ce qui soulage : personne n'est recruté grâce à sa présentation. Le recruteur ne décide pas en deux minutes, et une présentation brillante ne rattrape pas un profil qui ne correspond pas au poste.

Mais elle fait autre chose, et c'est pour ça qu'elle compte. Elle donne le ton de tout ce qui suit. Les questions suivantes partent souvent de ce que tu viens de dire. Si tu parles de ton projet de fin d'études, on te demandera comment tu l'as mené. Si tu récites ton CV, on te reposera les questions déjà écrites dessus, et tu passeras l'entretien à te répéter.

Autrement dit, la présentation est le seul moment de l'entretien où c'est toi qui choisis le sujet. Le but n'est pas d'impressionner, c'est de poser deux ou trois pistes sur lesquelles tu as des choses solides à raconter.

Ce que le recruteur cherche derrière « présentez-vous »

La question paraît ouverte, elle ne l'est pas. Derrière, il y en a trois, plus précises :

Si tu veux voir a quoi ressemble le travail decrit ici une fois fait pour toi, regarde comment JobKraken prepare tes candidatures.

  • Est-ce que tu sais parler de toi de façon claire et courte ? C'est déjà une compétence, et

elle se voit en quelques phrases.

  • Pourquoi toi, pour ce poste-là ? Le recruteur cherche le fil entre ton parcours et ce qu'il

propose.

  • Est-ce que tu t'es préparé ? Une présentation hésitante sur son propre parcours dit beaucoup

de la préparation du reste.

Ce qu'il ne cherche pas : ta date de naissance, ta ville d'origine, la liste de tes diplômes depuis le collège. Il a ton CV sous les yeux. Tout ce qui y figure déjà, tu peux le survoler.

Combien de temps parler

Moins longtemps que tu ne le crois. Entre une et deux minutes, ce qui représente une douzaine de phrases. Au delà, l'attention baisse, et le recruteur commence à chercher le moment où il pourra te couper poliment.

La structure en trois temps : aujourd'hui, avant, et la suite

C'est la structure la plus simple à retenir, et celle qui fonctionne le mieux quand on débute, parce qu'elle commence par ce que tu es plutôt que par une chronologie.

Aujourd'hui. Qui tu es en une phrase : ta formation ou ta situation actuelle, et ce qui t'occupe en ce moment. « Je suis en deuxième année de BTS gestion, et je termine un projet de refonte du suivi des stocks pour une association. »

Avant. Deux éléments de ton parcours, pas plus, choisis parce qu'ils ont un rapport avec le poste. Un stage, un job étudiant, un projet associatif, un travail en groupe. Pour chacun : ce que tu as fait, et ce que tu en as retiré. C'est la partie la plus longue.

La suite. Pourquoi ce poste, dans cette entreprise, maintenant. Une ou deux phrases qui relient ce que tu viens de dire à ce qu'on te propose. C'est ce qui transforme un récit en candidature.

Puis tu t'arrêtes. Une présentation qui se termine franchement laisse la place à la question suivante. Une présentation qui s'effiloche en « voilà, euh, c'est à peu près tout » donne l'impression inverse.

Ce qu'on laisse de côté

La vie privée. Situation familiale, âge, religion, opinions. Le recruteur n'a pas à le savoir, et le mentionner le met mal à l'aise, puisqu'il n'a pas le droit d'en tenir compte.

Les excuses. « Je n'ai pas beaucoup d'expérience, mais... » Tu annonces toi même la faiblesse, avant qu'on te la reproche. Le recruteur sait lire un CV : il sait que tu débutes, et il t'a convoqué quand même.

Les qualités en liste. « Je suis dynamique, rigoureux et motivé. » Ces mots ne prouvent rien et tout le monde les emploie. Remplace chaque adjectif par un fait : au lieu de rigoureux, raconte le tableau de suivi que tu as tenu pendant ton stage.

Exemple 1 : étudiant, pour un stage

Pour un stage de fin d'études en marketing. Tu remplaces les crochets, puis tu l'adaptes à ta façon de parler.

Je suis en dernière année de [nom de la formation] à [nom de l'école], avec une spécialisation en marketing digital. En ce moment, je travaille avec deux camarades sur un projet pour une entreprise locale : nous revoyons sa présence sur les réseaux sociaux, de l'audit jusqu'au calendrier de publication. L'an dernier, j'ai fait un stage de trois mois chez [type d'entreprise, par exemple un petit éditeur de logiciels], où je m'occupais des campagnes de mails. J'y ai appris à tester deux versions d'un même message et à regarder les résultats avant de décider, plutôt que de me fier à mon intuition. En parallèle, je gère les réseaux de l'association sportive de mon école. Ce qui m'attire dans votre stage, c'est [élément précis de l'offre ou de l'entreprise]. J'ai envie de passer d'une petite structure où je touchais à tout à une équipe où je pourrai approfondir un domaine, et c'est exactement ce que décrit votre offre.

Un peu plus d'une minute à voix haute. Le détail des tests de mails est volontaire : c'est une porte ouverte vers une question que tu sais traiter.

Exemple 2 : alternance, sans expérience professionnelle

Tu n'as jamais travaillé en entreprise. Ce n'est pas un obstacle à la présentation, à condition de parler de ce que tu as réellement fait.

Je viens d'obtenir mon bac [spécialités], et je suis admis en [nom de la formation] en alternance à la rentrée, à [nom de l'école]. Je n'ai pas encore d'expérience en entreprise, mais j'ai deux expériences qui m'ont appris à travailler avec d'autres. Pendant deux étés, j'ai été animateur en centre de loisirs : j'avais un groupe de douze enfants et je devais préparer les activités de la semaine avec l'équipe. Et au lycée, j'ai organisé avec trois amis une collecte pour une association du quartier, ce qui m'a obligé à démarcher des commerçants que je ne connaissais pas. J'ai choisi l'alternance parce que j'apprends mieux en faisant. Votre entreprise m'intéresse parce que [raison précise], et le rythme de ma formation, [rythme, par exemple trois semaines en entreprise et une semaine à l'école], me permettrait d'être vraiment présent dans l'équipe.

Le rythme de la formation n'est pas là par hasard : en alternance, c'est souvent la question pratique que le recruteur se pose. Y répondre avant qu'il la pose, c'est lui faciliter la décision.

Exemple 3 : premier emploi après les études

Tu sors de formation et tu vises un premier poste. La présentation doit montrer que tu passes du statut d'étudiant à celui de professionnel.

Je viens de terminer [nom du diplôme] en [domaine], et je cherche un premier poste de [intitulé]. Mon expérience la plus utile pour ce poste, c'est mon alternance de deux ans chez [type d'entreprise]. J'y gérais [mission principale], et j'ai notamment [réalisation concrète, avec son résultat]. Avant ça, j'avais fait un stage dans [type de structure], qui m'a montré que je préférais [ce que tu as appris sur toi]. Aujourd'hui je veux rejoindre une équipe où je pourrai prendre en charge [type de mission] de bout en bout. En lisant votre offre, j'ai vu que [élément précis], et c'est ce qui m'a donné envie de postuler chez vous plutôt qu'ailleurs.

La phrase finale compte plus que les autres : elle montre que tu as choisi cette entreprise, et pas seulement ce type de poste.

Et si tu as l'impression de n'avoir rien à raconter

C'est la crainte la plus fréquente quand on débute, et elle vient presque toujours d'une idée fausse : croire que seule l'expérience professionnelle compte.

Un recruteur qui reçoit un candidat de vingt ans cherche des signes, pas un palmarès. Un job d'été où tu as tenu une caisse, un projet de groupe mené jusqu'au bout, une responsabilité dans une association, un sport pratiqué en compétition. Chacun de ces éléments dit quelque chose de ta fiabilité, de ta façon de travailler avec d'autres, de ce que tu fais quand ça se complique.

L'exercice consiste à passer de « j'ai fait ça » à « voilà ce que ça m'a appris ». Si tu changes de voie, la même logique s'applique : l'article sur la candidature en reconversion professionnelle montre comment relier un parcours qui ne ressemble pas au poste à ce que ce poste demande.

La préparer sans la réciter

Une présentation apprise par cœur s'entend immédiatement : le rythme est trop régulier, et la moindre interruption fait tout perdre. L'idéal est entre les deux.

Écris-la une fois en entier, pour savoir ce que tu veux dire. Puis garde seulement les trois titres et les deux ou trois mots clés de chaque partie. C'est ça que tu retiens, pas les phrases.

Dis-la à voix haute, chronomètre en main. Au premier essai, presque tout le monde dépasse. Coupe ce qui ne sert pas le poste.

Adapte la dernière partie à chaque entretien. Le début change peu d'un poste à l'autre, la fin change à chaque fois. C'est elle qui prouve que tu as lu l'offre.

Prépare les questions qui suivent. Chaque élément que tu cites peut devenir une question. Si tu parles d'un projet, sache expliquer une difficulté rencontrée et comment tu l'as réglée.

Les variantes de la question

Elle ne se pose pas toujours de la même façon, et la réponse reste la même.

« Parlez-moi de vous » appelle exactement la structure en trois temps. « Qu'est-ce qui vous amène ici ? » invite à commencer par la troisième partie, puis à remonter. « Présentez votre parcours » autorise un peu plus de chronologie, mais toujours centrée sur ce qui compte pour le poste.

Et après l'entretien

Ta présentation a posé des pistes, le reste de l'entretien les a suivies. Une fois sorti, il reste un geste simple que peu de candidats font : le mail de remerciement après l'entretien, envoyé le jour même, qui te permet aussi de compléter une réponse que tu aurais voulu mieux formuler.

Pour avoir plus d'entretiens où te présenter

Une présentation bien préparée ne sert que si tu es convoqué. Et quand tu débutes, les convocations viennent souvent des entreprises que tu contactes directement, pas seulement des annonces. La structure d'un mail de candidature spontanée repose d'ailleurs sur la même idée que ta présentation : court, précis, tourné vers l'autre.

Si tu veux faire ce travail à plus grande échelle, JobKraken repère des entreprises dans ton métier et ta zone, identifie en moyenne 3 interlocuteurs par entreprise, et rédige un mail par contact à partir de ton CV, que tu relis et envoies toi même. En écrivant à plus d'entreprises, tu multiplies tes chances de décrocher des entretiens.

Mais le plus utile, tu peux le faire ce soir, sans rien d'autre qu'un chronomètre : écris ta présentation en trois temps, et dis-la une fois à voix haute.

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